mardi 2 juillet 2013

Les petits jeux politiques de François Hollande en Europe

Bruxelles, envoyés spéciaux. A quoi François Hollande joue-t-il en Europe ? Plus d'un an après son élection, le chef de l'Etat demeure un mystère pour ses pairs européens. Sa récente passe d'armes avec José Manuel Barroso par ministre interposé a contribué à semer la confusion sur ses intentions, autant que sur la cohésion de son gouvernement au sujet des questions européennes. Jeudi 27 juin, au Conseil européen de Bruxelles, le président a certes cherché à calmer le jeu : "Les questions de personnes sont secondaires", a-t-il dit à son arrivée. "Le travail de la Commission et du président de la Commission m'a paru mériter d'être salué", a-t-il ajouté tard dans la soirée, devant la presse, soucieux de clore une folle semaine de petites phrases assassines entre Bruxelles et Paris.

Il n'empêche : les déclarations d'Arnaud Montebourg, le ministre du redressement productif, pour qui M. Barroso est le "carburant du Front national", ont d'autant plus semé le trouble à Bruxelles que le président français n'a pas cherché à prendre ses distances avec son ministre. La surprise est d'autant plus grande que M. Hollande avait déjeuné avec les commissaires européens le 15 mai : une manifestation de "soutien à la Commission", avait alors souligné l'Elysée. Un mois et demi plus tard et alors que les contentieux se sont multipliés entre Bruxelles et Paris, c'est peu dire que la France intrigue : "La ligne a semblé très confuse", regrette-t-on à la Commission.


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